Verre Cassé
Au cœur du Congo se trouve un bar crasseux le Crédit a voyagé. Verre Cassé est l'un de ses clients les plus assidus. A la demande du patron du bar, l'Escargot entêté, il commence à rédiger un journal où il raconte les destins des habitués.
Commence alors un roman savoureux. Verre Cassé déploie sa verve explosive. Il n'y a aucun point, c'est une longue phrase de la première à la dernière page. C'est un hommage à la tradition orale, au service de la littérature, comme un magnétophone qui enregistrait ce vieil homme racontait les souvenirs.
Les personnages sont exubérants. Le point commun entre tous, c'est un destin brisé. Des vies hors du commun qui les ont conduites plus ou moins malgré eux à s'échouer dans ce bar. Ils y ressassent leurs souvenirs, leurs peines, et leurs haines pour celle ou ceux qui ont brisé leur vie.
Le tous est un mélange de grotesque, et de tragique. C'est un cocktail de sentiments et de burlesque. Il y a par exemple Robinet, une grosse femme qui défit les hommes à pisser le plus loin et le plus longtemps ; et dans le même temps, le type aux couches toujours sales à force de s'être fait violer en prison où il a été envoyé par injustice.
Tous boivent pour oublier, trouver une famille, des oreilles à l'écoute dans le Crédit a Voyagé.
L'ensemble est léger, parfois drôle, mais toujours profond.
Ce roman est un gros coup de cœur.

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