La seconde de trop
« Reviens, la nuit n’est qu’à son aube ! »
J’ai criai cela dans la rue. Ça m’est sorti comme ça, l’inspiration subite. Elle s’est retourné et a rit. Elle se moqua de longue minute. J’ai rougie de ma réplique.
Elle s’est avancée, un peu. Je ne voyais d’elle qu’une frêle esquisse, une présence. Ses yeux posés sur moi avaient la lourdeur de mains s’abattant sur mes épaules. Il me soumettait, me pliait à ses pieds. Il me gifler, me rouer de coup et violer ce qui me restait de considération personnelle.
Garce, le rire durait, mon supplice s’éternisait. Ce rire, c’était l’accusation divine. La beauté ne peut ignorer ce qu’est la beauté. C’était elle. Mon admiration était le bâton avec lequel elle me rouait. Je n’étais qu’un poète raté. Entre mes mains, tous se brisaient, la moindre phrase n’était que son grinçant.
Son rire avait déchiré mes illusions, son jugement, fatal condamnait mes rêves. Cri de chatte lubrique hurlant à la lune, ce rire crissant comme la roue de torture.
Il durait. Encore et encore ricochant sur les murs de brique, repris en cœur par les passants.
Je devenais fou, il raisonnait dans ma tête. Je me suis jeté sur elle, j’ai étouffé son rire sous mes mains, il s’est bloqué dans sa gorge. Il s’en est suivi un profond silence, et un corps mou dans mes bras…

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